GAËL EPINEY
TANT QUE L’EAU COULE
22.01.2026 - 08.03.2026
Dans le travail protéiforme de Gaël Epiney, environnement naturel et objets culturels s’entrelacent à travers un dialogue sensible. Inspiré par ses nombreux voyages sur le continent asiatique et en particulier au Tibet, l’artiste valaisan nous livre ici une exposition minimaliste et colorée, traitant à la fois des objets sacrés et des mouvements de la nature.
Tant que l’eau coule présente une série d’œuvres récentes qui témoignent de la profonde attention de Gaël Epiney pour le monde minéral et végétal, qu’il observe et contemple au fil de ses voyages réguliers, tant locaux que lointains. On y retrouve une esthétique mêlant éléments organiques et géométriques, aboutissant à des créations semi-abstraites.
Les dessins grand format issus de la série Waterfall (2024), présentés sur les parois de la salle, puisent en partie leur inspiration dans la représentation délicate de l’eau en mouvement par certains peintres traditionnels asiatiques. Évoquant des entrelacs, les cinq travaux réalisés au crayon renvoient également à l’esthétique art déco qui fascine l’artiste. Ces œuvres monochromatiques inspirées par la contemplation du monde minéral et aquatique sont déclinées en différentes couleurs, dénuées de tout symbolisme. Pour les réaliser, Gaël Epiney se laisse guider : l’unique étape préparatoire réside dans quelques lignes esquissées pour figurer le mouvement de l’eau et les cascades. À partir de cette ébauche, l’artiste construit son dessin de manière méthodique, observant son évolution tout en laissant son instinct dicter les prochaines étapes. Ainsi, les formes et volumes apparaissent progressivement et s’organisent de manière organique sur le papier. Cette approche à la fois rigoureuse et spontanée est caractéristique de la démarche du plasticien.
Nouvelle création de Gaël Epiney réalisée spécialement pour l’exposition, la sculpture Guirlandes répond aux dessins de Waterfall. Cette œuvre incarne l’intérêt de l’artiste pour les marques et formes laissées par l’humain dans la nature, notamment les objets culturels et sacrés – comme les petits oratoires qui se déploient dans divers lieux insolites du Valais. Cette sculpture inédite a été conçue à partir d’une série de moulages laqués identiques, agencés verticalement sur des tiges métalliques à la manière de colliers de fleurs, de guirlandes ou de clochettes. La composition de l’œuvre évoque différentes coutumes liées à la conception d’offrandes, et plus largement à certains détails ornementaux. Ce travail s’inscrit dans la continuité d’une série de pièces réalisées autour de l’idée de répétition (formelle, gestuelle, linéaire), tout en soulignant les influences culturelles variées qui nourrissent la pratique artistique singulière de Gaël Epiney.
Avec Tant que l’eau coule, l’artiste nous interroge sur l’intégration des coutumes locales au sein de notre environnement naturel, tout en nous rappelant que la nature, aussi sauvage et indomptable soit-elle, vit selon sa propre cadence millimétrée. Il nous invite à prendre le temps d’observer, d’apprivoiser ces cascades et autres cours d’eau – peut-être pour mieux les entendre résonner en nous.